Diagnostiqueur.immo

Réforme du DPE au 1er janvier 2026 : ce que change la baisse du coefficient de l'électricité

Mis à jour le 4 juin 2026 · Réglementation vérifiée sur sources officielles

Depuis le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité utilisé dans le calcul du DPE passe de 2,3 à 1,9. Cette baisse améliore la note des logements chauffés à l'électricité : selon les estimations du gouvernement, environ 850 000 d'entre eux (sur la base des chiffres au 1er janvier 2023) sortent du statut de passoire énergétique (classes F et G), sans aucuns travaux. Si vous avez un DPE en cours de validité, vous pouvez obtenir gratuitement votre nouvelle étiquette en ligne, sans nouvelle visite d'un diagnostiqueur.

Ce qui change concrètement au 1er janvier 2026

La réforme repose sur l'arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel. Il modifie le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité, qui sert au calcul de la consommation affichée sur le DPE.

Jusqu'au 31 décembre 2025, 1 kWh d'électricité consommé comptait pour 2,3 kWh d'énergie primaire. Depuis le 1er janvier 2026, il compte pour 1,9 kWh. Cette valeur aligne la France sur la valeur par défaut européenne et reflète mieux le mix électrique français, fortement décarboné.

Concrètement, la part électrique de la consommation d'énergie primaire baisse d'environ 17 % (1,9 au lieu de 2,3, soit un simple effet de calcul), sans qu'aucuns travaux ne soient réalisés. L'effet sur la consommation totale du logement dépend de la part de l'électricité dans ses usages : un logement entièrement électrique en profite pleinement, tandis qu'un logement combinant plusieurs énergies enregistre une baisse globale plus faible. Cela peut suffire à faire gagner une classe de DPE.

Tous les DPE et audits énergétiques édités à compter du 1er janvier 2026 intègrent automatiquement le nouveau coefficient.

Quels logements changent de classe automatiquement

Selon les estimations du ministère de la Transition écologique, environ 850 000 logements sortent du statut de passoire énergétique grâce à ce nouveau calcul, sur la base des chiffres au 1er janvier 2023. Pour mémoire, le parc comptait à cette date environ 4,8 millions de passoires (classes F et G) parmi les résidences principales.

L'effet dépend de la performance de départ du logement et de la part de l'électricité dans ses consommations :

Attention : la sortie du statut de passoire n'est pas automatique pour tous les logements électriques. Un logement très énergivore peut rester en F ou G malgré le nouveau coefficient. Seul le recalcul officiel permet de connaître votre nouvelle étiquette.

Comment obtenir votre nouvelle étiquette : attestation ADEME gratuite ou nouveau DPE

Deux situations se présentent selon que vous disposez déjà d'un DPE valide ou non.

1. Vous avez un DPE en cours de validité réalisé selon la nouvelle méthode (à compter du 1er juillet 2021)

Vous n'avez pas besoin de refaire un diagnostic. L'arrêté du 13 août 2025 prévoit la délivrance d'une attestation de la nouvelle étiquette, générée exclusivement par l'ADEME. Cette mise à jour gratuite via l'Observatoire DPE-Audit concerne les DPE réalisés à compter du 1er juillet 2021 (nouvelle méthode) et encore en cours de validité, lorsque le nouveau calcul améliore le classement. Elle est :

Cette attestation remplace l'étiquette de votre DPE actuel lorsque le recalcul améliore la note. Munissez-vous du numéro ADEME (13 chiffres) figurant sur votre DPE.

2. Vous n'avez pas de DPE valide

Vous devez faire réaliser un DPE complet par un diagnostiqueur certifié. Il intègre directement le coefficient de 1,9. Ce DPE est payant et donne lieu à une visite du logement. C'est aussi le cas si votre DPE a été établi avant le 1er juillet 2021 (ancienne méthode) : il n'est de toute façon plus valable et n'est pas mis à jour via l'Observatoire.

Calendrier des interdictions de location à connaître

La réforme ne modifie pas le calendrier de la loi Climat et Résilience, mais elle change la classe de nombreux logements, donc leur situation au regard de ces échéances. Voici le calendrier en vigueur en métropole.

ÉchéanceLogements concernésConséquence
1er janvier 2025Classe GInterdiction de mise en location, pour tout nouveau bail ainsi que pour les baux renouvelés ou reconduits tacitement à compter de cette date
1er janvier 2028Classe FInterdiction de mise en location
1er janvier 2034Classe EInterdiction de mise en location

Cette interdiction ne vise donc pas seulement les nouveaux contrats : elle s'applique aussi aux baux renouvelés ou reconduits tacitement à compter de chacune des dates concernées. En outre-mer, le calendrier est décalé : G en 2028, F en 2031, E en 2034.

Pour un bailleur, l'intérêt est direct. Un logement électrique classé F qui passe en E grâce à l'attestation ADEME échappe à l'interdiction de 2028. Un logement classé G qui passe en F redevient louable, mais reste soumis à l'échéance de 2028.

Impacts pour la vente et la location de votre bien

Pour une vente : le DPE est obligatoire et son étiquette figure dans l'annonce. Une meilleure classe rassure l'acheteur, peut augmenter la valeur perçue du bien et réduire la décote liée aux passoires. Pensez à actualiser l'étiquette via l'attestation ADEME avant de publier votre annonce.

Pour une location : au-delà de l'interdiction de louer, le gel des loyers s'applique aux passoires (F et G). Sortir du statut de passoire vous permet, sous conditions, de réviser le loyer et d'éviter le blocage. Le DPE actualisé doit être annexé au bail.

Points de vigilance

Questions fréquentes

Le coefficient de l'électricité du DPE passe de combien à combien en 2026 ?

Le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité passe de 2,3 à 1,9, à compter du 1er janvier 2026, en application de l'arrêté du 13 août 2025. Cette valeur s'aligne sur la valeur par défaut européenne.

Combien de logements sortent du statut de passoire grâce à la réforme ?

Selon les estimations du ministère de la Transition écologique, environ 850 000 logements chauffés à l'électricité sortent du statut de passoire énergétique (classes F et G), sans aucuns travaux. Ce chiffre est calculé sur la base des données au 1er janvier 2023, date à laquelle le parc comptait environ 4,8 millions de passoires parmi les résidences principales. Aucun logement ne voit sa classe se dégrader.

L'attestation de nouvelle étiquette ADEME est-elle vraiment gratuite ?

Oui. Pour un DPE en cours de validité réalisé selon la nouvelle méthode (à compter du 1er juillet 2021), l'attestation de la nouvelle étiquette est générée gratuitement par l'ADEME, en ligne sur le site de l'Observatoire DPE-Audit, sans nouvelle visite de diagnostiqueur. Munissez-vous du numéro ADEME de votre DPE.

Mon ancien DPE reste-t-il valable après le 1er janvier 2026 ?

Oui, les DPE réalisés à compter du 1er juillet 2021 et encore en cours de validité restent valables jusqu'à leur date de fin de validité (10 ans), et peuvent bénéficier de la mise à jour gratuite. Attention toutefois : les DPE réalisés avant le 1er juillet 2021 (ancienne méthode) ne sont plus valables depuis fin 2024 (ou fin 2022 pour les plus anciens) et ne sont pas mis à jour via l'Observatoire. Dans ce cas, un nouveau DPE est nécessaire.

Dois-je refaire un DPE complet pour bénéficier du nouveau coefficient ?

Pas si votre DPE a été réalisé à compter du 1er juillet 2021 et reste en cours de validité : l'attestation ADEME gratuite suffit. Si vous n'avez pas de DPE valide (ou s'il relève de l'ancienne méthode antérieure au 1er juillet 2021), vous devez faire réaliser un DPE complet par un diagnostiqueur certifié, qui intégrera directement le coefficient de 1,9.

La réforme change-t-elle le calendrier d'interdiction de location ?

Non, le calendrier de la loi Climat et Résilience reste inchangé : G interdit depuis 2025, F en 2028, E en 2034 (échéances décalées en outre-mer). Cette interdiction vise tout nouveau bail ainsi que les baux renouvelés ou reconduits tacitement à compter de chaque échéance. Mais en faisant changer la classe de nombreux logements électriques, la réforme peut leur permettre d'échapper à ces interdictions.